[ Salut ! - Salut ! ]

[ Salut ! - Salut ! ]

# Posté le vendredi 03 juin 2005 18:11

[ Ca fait pas encore.. ]

[ Ca fait pas encore.. ]
Ca fait pas encore une semaine que le Non a gagné, et déjà, Raffarin et Fillon se tirent. Qui a dit que nous étions inconscients ?
Ca fait pas encore dix jours que Milo est revenu, que déjà, il s'efface. Qui a dit que c'était moi qui choisissait?
Ca fait pas encore assez longtemps que le 26 a mit les voiles, que déjà, les autres jours se detestent. Qui a dit que l'amitié existait ?
Ca fait pas encore 17 ans que j'existe, que déjà, j'ai envie d'me tirer. Qui a dit que le monde tournait rond?
Ca fait pas encore un an qu'on se connait, que ca fait déjà deux mois qu'on se reconnait plus. Qui a dit que les étoiles ça volait?
Ca fait pas encore 2heures que j'suis rentrée, que déjà j'veux repartir faire jouer le soleil sur mon chapeau; Qui a dit qu'on était bien chez soi?
Ca fait pas 2 jours qu'on a acheté le pack de cocax16, que déjà je bois la dernière canette. Qui a dit que j'étais drogué ?
Ca fait pas encore mal, que déjà, je cri. Qui n'a rien dit ?

# Posté le vendredi 03 juin 2005 14:37

[ On reconnait l'bonheur parait-il au bruit qu'il fait quand il s'en va© ]

[ On reconnait l'bonheur parait-il au bruit qu'il fait quand il s'en va© ]
Et BOOM tout est tombé, là, dodans ma main.

# Posté le jeudi 02 juin 2005 20:29

[ Biographie d'une sale Fée ]

[ Biographie d'une sale Fée ]
Sale Fée


" Si je ne parles que de moi, c'est que je ne connais personne d'autre... "


Avant moi, ça n'était pas moins bien. Après moi, ça n'en était pas pire. On a sans doute préparé ma naissance durant 9 mois, je suppose. Neuf mois d'attente, de nausées, de magazines sur l'éducation, de recherche de prénom, de doute et de hâte, de vomissements et de sales envies. Pour arriver à ça. Moi. Moi ou un autre, après tout, sur le moment, cela n'avait aucune importance.
Papa était orthophoniste au service de Dieu, et passait ses dimanches matins à l'église, et ses dimanches après-midi à la pèche. Maman, une femme au coeur gros comme ça, un peu naïve, gentille, c'est pareil.
Avant moi ça n'était pas moins bien. Avant moi, huit ans avant, il y eut ma soeur, Marie. On aurait pu écrire une bien belle histoire en retraçant la vie de ma soeur. Une histoire pleine de mystères et de rebondissements, de ces histoires qui vous font monter la rage jusqu'au bout des cils, et descendre les larmes jusqu'au bout des lèvres.
Mais raté. Je ne sais pas assez de choses sur ma soeur pour l'envelopper de mes mots. A vrai dire je n'ai jamais rien su, j'ai toujours deviné, et c'est pire.
Donc raté. J'aime ce mot. Raté. Je suis une rature, je crois. La petite tache qui vient salir la page blanche, la trait acharné d'un stylo qui se hait.
Papa disait toujours que Dieu était en moi, que Dieu veillait sur moi, qu'il s'occuperait de moi comme un père s'occupe de ses enfants.
Alors papa est parti. Laissant ma garde au seigneur. Pour résumer : Papa se barre et nous laisse, maman, Marie et moi, avec nos dettes et nos peurs. Et une petite bible qu'on a vite fait de balancer.

J'aurais pu être un ange, disait papa. Mais raté. J'aurais pu être une fée, mais raté. Au fond, on aurait tous pu être quelque chose de formidable. Mais non, raté.

Une fée. Comme j'aurais aimé être une fée.
J'étais si maigre que quand le chat venait se frotter contre mes chevilles, je basculais, et me retrouvais les fesses sur le carrelage froid en hurlant. Je braillais sans cesse pour rien. Effrayée par tout et n'importe quoi. Me sentant petite, affreusement petite. Mes yeux bleus me semblaient bien plus grands que moi, et tout ce qu'ils voyaient était soigneusement décortiqué, afin de former des souvenirs qui plus tard, seraient des sourires.
J'aurais aimé être une fée. Marie m'a fait visité des tas de mondes. Des mondes dans les quel les bulles de savon étaient des tombeaux volants qui emmenaient les fées se reposer ailleurs. Je me souviens...

Depuis toujours, j'ai un ami imaginaire. Comme ce terme est niais. Et pourtant. Il parait que quand on est mômes, on a tous un ami imaginaire. Il parait que je suis resté une môme. L'ami s'appelle Milo, et il a les cheveux rouges flamboyants. Milo, c'est la flamme. Celle que parfois je veux éteindre. Celle que parfois, je me tue à raviver.
A trois ans je ne parle que de "Bonhomme", et a sept, je hurle "Bonhomme s'appelle Milo!" sans que personne ne sache qui, sans que personne ne sache quoi. Au départ ça n'est qu'une silhouette, comme celles que l'on voit sur les panneaux routiers, le truc simple, con, enfantin : Bonhomme. Et puis du jour au lendemain, soucis de l'esthétique, soucis de l'être et de l'éthique, tout devient Milo, tout a son regard, son visage fin, ses groles de soldat, son inexistence.

Je ne suis qu'une sale fée. Une pourriture d'ange. Et tant d'autres termes ou réalité et fiction se confondent pour former une contradiction qui doit me définir.
Et je grandis. Je n'aspire qu'à ça. Grandir. Pouvoir casser les oeufs au dessus du saladier sans que maman ne me porte. Pouvoir m'arrêter sur un trottoir sans cligner des yeux dès qu'une voiture passe. Pouvoir lire et écrire autre chose que ce qu'on me donne. Grandir.

Ma soeur grandit, elle aussi. Bizarrement. D'une façon que je ne connaissais pas. Comme si plus on grandissait, plus on se courbait. J'observe. Je suis déçue. Puis elle s'en va. Elle me dit au revoir. Et le lendemain, des affiches sont collées dans la ville, des avis de recherche. Et moi... Moi je sais ou elle est, elle me l'a dit, mais chut... J'ai promis.

Je ne veux plus grandir. Pas comme ça. Pas dans une chambre qui pue la clope, la drogue, et la colère. Pas comme elle. Je m'arrête.

J'aurais pu être une fée ou un ange, mais non, raté. Pourtant, ma naissance ne change pas le monde, et il faut que je continue à faire comme si je n'étais pas là. Remplacer le verbe "grandir" par "vivre", cela crée une illusion qui me rassure. Devenir une adolescente qui range sa colère au tiroir à chaque veille de contrôle, et ses rêves aux placard devant une feuille d'orientation. Dans la case "métier envisagé", on ne répond pas "pirate" ni "cow-boy", ce sont des rêves de mômes. De sale mômes.
Je me veux forte et indépendante, mais encore une fois, je crois que c'est raté. Je me retrouve encore, régulièrement, les fesses sur le carrelage en braillant. Un peu plus silencieusement, à peine.
Pour ce qui est de l'indépendance, allez savoir. A 13 ans mes camarades parlent de leur premier baiser, moi je parle de Peter-Pan, de Milo, et de tous ces garçons dont je rêve, et qui pourtant, ne m'ont jamais touché. Etait-ce si important?
Non, ça ne l'était pas. Etre deux, au fond, c'était un peu comme se sentir seul, mais en moins honnête. Etre deux c'était être faible, être con, être Pamela sur France 2, ou bien Bryan sur M6. C'était tout ce que je voyais de la vie de couple. Un tas de guimauve exhibitionniste. Un amas de honte qui ose se montrer avec prétention.
Je suis beaucoup plus que deux. Je cède ma vie à moitié prix à tous ces amis qui viennent et qui partent, ces sourires d'un jour, ces musiciens étranges qui gravent leur musique dans mon crâne puis s'en vont avec les paroles.

Et tout cela touche à sa fin, et pourtant ce n'est que mon début. J'aurais pu être princesse, mais je n'aurais été princesse de rien. J'aurais pu être un ange, mais j'ai été une pourriture. Mais j'aurais tellement aimé être une fée. Je veux placer le mot, là quelque part, bien ancré, je veux le mot "Fée", je me laisse à Morphée, laissez moi rêver, que je suis une sale fée. Vraiment. Rien qu'une sale fée.

# Posté le jeudi 02 juin 2005 20:26

[ Je me souviens de la musique.. ]

[ Je me souviens de la musique.. ]
_ Ben qu'est-ce que t'attends ? Tire !
_ Mais Milo j'vais pas tirer sur un gen qui m'a rien fais ! Rogarde le il tremble comme une feuille OCB il a rien demandé hého on est pas des terroristes !
_ Ha bon?
_ ...
_ Bah oui mais comment tu veux t'entrainer à tuer si on a l'droit de tuer personne. Merde.
_ Ben donne moi une cible bien aussi.
_ Genre?
_ La lune.
_ Comme c'est romantique. J'te décroche la lune et aprés tu la bute?
_ Voilà.
_ Crève. La lune est trés bien ou elle est.
_ Nianianian.
_ Bon tu l'butes le mec là oui ou merde?
_ Non j'veux tuer la lune, ou alors Crochet, sinon rien.
_ La Lune en plein jour, pas possible. Et Crochet n'est pas là, faut bien que tu t'entraine merde, me dit pas que y a personne d'autre que t'as envie d'buter.
_ Ben, entre avoir envie et passer à l'acte y a tout un monde.
_ Ouais, tout un monde, c'est ça... Tu flippe comme une fille.
_ Je t'emmerde.
_ Bon alors ?
_ Alors j'vais t'tuer. Toi.
_ ...
_ ...
_ Pas chiche.
_ Pois chiche.
_ Haricots?
_ Chou fleur.
_ On disait ?
_ Je sais plus.
_ Ouais moi non plus.
_ Bon bah hein.
_ Ouais. Pareil.
_ Tu l'butes ?
_ D'accord.

PAN.

# Posté le jeudi 02 juin 2005 05:37