[ La réalité est le fruit de mon imagination ]

[ La réalité est le fruit de mon imagination ]
Tes lois j'les brise, ton air j'l'avale
Tes doigts dans la prise, libre et anormal.

# Posté le samedi 04 décembre 2004 19:47

[ Bu ]

[ Bu ]
Moi j'ai bien haimé.
Parce qu'il a fait "shrr shrr shrr" avec sa maracass à coté de mon oreille alors j'ai su que c'était lui et même que j'haime ceux qui font pas la bise pour dire aurevoir putain, j'haime!
Sinon j'ai haimé le Socrate, surtout quand il a demandé : " il est bon le coca ici ? Ok on reste alors"
Et que le barman a dit qu'il fallait qu'on se detende. Et que c'était trop long alors on a laissé un mot pour dir qu'on était déçu.
Pi j'ai haimé quand on est allé au Monoprix acheter mon coca et que là.. là.. mais trop bien. Bon déjà on voit une canette abandonnée, on decide de l'adopter. Et là y a un vieux mais boom quoi, y commence à nous parler, et là on apprend qu'il est auteur compositeur. Tout petit tout vieux l'bonhomme. Là, ya Bu qui dit : " Non attend dit moi pas que tu sais faire du maracass ?". Le gars y dit "bah si pourquoi pas". Et là Bu il sort son maracass il dit "allez montre voir!" mais putain il a même pas menti il a le rythme dans la peau moi j'dis ! Il nous a même dit qu'il était egyptien et tout. La classe quoi.
Aprés euh on a squatté le rayon chaussures du printemps. J'ai essayé un chapeau en poil de castor il coutait 120euro et la dame m'a regardé tellement bizarre que j'crois qu'aprés elle a jeter le chapeau tellement elle a eu peur que j'ai le Sida des cheveux.
Ensuite on a parlé de Notre-Dame-De-Gravenchon et de Charles Ingals et de sa femme qui s'est suicidé en sautant du trottoire, en attendant le bus qu'existe pas, et on a joué aux p'tites voiures.

Ouais bref moi j'ai haimé. J'haime bien quand c'est la première fois que j'vois quelqu'un pis que.. bah c'est pas la dernière. :)
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# Posté le samedi 04 décembre 2004 17:35

[ Envie.. ]

[ Envie.. ]
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# Posté le samedi 04 décembre 2004 15:38

[ Un lointain sourire ]

[ Un lointain sourire ]
Comme dirait gizmo : déconne pas l'ami !©
Dis moi pas que ce samedi est un samedi comme les autres ! On est le 4 decembre bordel ! Mieut que Noêl, mieux que la Redoute, mieux que mes chaussettes Tigrou : C'est LE jour du Kamion ! Putain putain mais kamion quoi !

Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion Kamion ...

Est-ce que tu te rend compte l'ami? Evidement non. Ca veut dire tellement de choses ! Ca veut dire que d'ici pas trop longtemps, on va être là, dans le kamion, avec notre casserole de patate pas assez salée et trop froide, on va s'geler les canettes, on va vivre putain ! On va regarder le soleil. On va pouvoir dire :

_ " Bon. On va ou ?"
_ " Bah... Ou on veut !!! "

Un bruit de moteur et c'est parti ! T'as envi de courire dans les champs ? On trouve un champs et on cour ! Tu crève la dalle et t'as pas un rond ? Tant pi on tue un pigeon ! Tu veux du soleil, de la beuh ? Espagne, nous voilà !

L'ami tu comprend mieux ? Plus de frontière plus de prison plus d'ennui ! De la galère du soleil de la pluie de la boue de la musique et du bruit et de la magie ! Des Pauls ! Plus d'gens ! Putain...

Y a pas de mots assez bien. De toutes façons j'vais pas vous cracher notre avenir merveilleux à la gueule, vous sauriez pas le savourer. Tout ce que j'peux dire, c'est qu'on va vivre à en crever.©

Bon sinon je tiens quand même à signaler que quand y a ni Noaime ni Kevin ni Alex ni Cass sur MSN, être devant ce PC n'a pas vraiment d'interet. Donc je vais allez danser dans la maison, et me faire cuir des pates en rêvant Kamion :)

BonsoAr. [ Marque déposée : Kevin© ]

# Posté le samedi 04 décembre 2004 09:55

La vielle Madame Slake

La vielle Madame Slake
La vieille Madame Slake.




Il y a dans la vie, des histoires qu'on entend, pas vraiment en entiers, juste quelques mots que l'on attrape au vol, qui nous font rire, ou qui désolent. J'ai entendu une fois, je ne sais plus ou, je ne sais plus quand, cette histoire qu'est même pas inventée, qu'est tellement vraie, qu'elle est banale pour certains. Je me permettrais donc, pour l'occasion, de parler au nom des personnages qui vont suivre, de liberer les pensées de ceux qui ne peuvent le faire, et de vous livrer à vous, le secret de la prison charnelle qui enveloppait Madame Slake. Collez donc vos bras le long de votre corps, tendez donc tous vos muscles, ne bougez plus aucun membre, en dehors de vos yeux qui se balladeront sur mes lignes. Entrez donc dans son jeu, dans sa prison de silence, entrez donc dans les chemins tortueux de sa cervelle, seule partie active de son corps déchu. Ne bougez plus, ne parlez plus, respirez lentement, et laissez vous gagner par le triste mystere qui rongera madame Slake...

*


" La vieille Slake". C'est comme ça qu'on m'appele dans l'immeuble, il parait. Quand quelqu'un est malade, on le dit toujours "vieux". Je n'ai pourtant pas une ride, pas un seul cheveux blanc. Mais qu'est-ce qu'ils en savent, hein? Si les enfants de la Rue Brouillard demandent parfois à leur mère " est-ce que c'est vrai que c'est un sorcière ?", et si parfois certains jettent un oeil curieux à ma fenêtre, c'est parce qu'ils ne savent rien. Laissez moi vous compter ma misérable histoire.
Outre mon nom de sorcière, j'ai aussi un prénom. Je m'appelle Angélique. j'ai 46 ans. Est-ce si vieux? Je ne pense pas .. Et pourtant. Cela fait maintenant 1 an, 5 mois et 4 jours que la maladie de Charcos m'a touché. Et mon état depuis, s'est aggravé a une vitesse folle, qui me donne parfois envie d'en finir, si seulement je pouvais.
Je ne vais pas entrer dans les détails medicaux, les noms scientifiques qu'on a donné a la maladie qui me ronge, cela vous embeterait encore plus que cela m'a ennuyé moi-même.
Sachez que ce que vous lisez là, n'est ni un écrit, ni une parole, mais une simple pensée. Je suis incapable de parler ou d'écrire. Cette maladie là, tu vois, c'est comme un sale vers qui te ronge en partant des pieds et qui remonte petit a petit le long de corps. Et un matin tu te reveille et tes jambes sont paralysées. Et puis un autre matin c'est ton petit doigt, puis le majeur, puis le bras, le bassin, puis plus rien...
J'en suis à ce stade, ou tout est mort, ou je ne sent plus aucun membre de mon corps. Une main glacée est venu un matin se resserrer autours de mes cordes vocales, et je ne peux plus parler. Je ne peux plus rien, tu comprend?
Oh ma si douce prison à la peau lisse et blanche, ah le sacré coeur, ah le sacré corps ! Prisonnière de moi même, tu comprend? Et seule, affreusement seule...
Mon cerveau garde et gardera toujours toutes ses facultés. Toujours. Mes yeux, normalement, devraient continuer eux aussi à pouvoir bouger dans leurs orbites, et avec quelques efforts, mes paupières ne cesseront pas de cligner. Mais.. c'est si peu.
Ca ne fait pas mal, tu sais. Au fond je n'ai pas tellement le droit de me plaindre. Mais tu sais, je n'ai jamais pretendu être une femme forte, et si ce n'est pas le besoin, alors c'est juste l'envie qui me pousse à me plaindre ainsi.
Pourtant il n'y a pas de quoi. Oh non, il n'y a pas de quoi.
Car il y a... Lui. Oui, il y a lui. Lui qui n'a jamais été quelqu'un d'autre que "Lui". Vingt ans aprés ma robe blanche, c'est toujours Lui. Et ca a toujours été Lui. Lui qui reste fidèle, et qui ne s'enerve pas. Lui qui persiste à vouloir aimer la statue qui meuble le salon. Lui qui pousse le fauteuil. Lui qui me raconte des histoires pendant des heures. Lui qui parfois me parle tout le jour, toute la nuit, sans que je sois capable de donner la moindre réponse.. Lui qui s'occupe de tout, lui qui n'a plus d'espoir mais qui sourit quand même. Lui qui ne lache pas prise, Lui car c'est le plus fort, ça l'a toujours été. Lui qui peut sembler vieux, mais qui est un enfant. Lui qui a tout quitté pour rester auprés de sa femme statue, celle qui ne frémit pas, celle qui ne caresse pas, celle qui ne donne rien, juste celle qui recoit. Lui qui tremble de peur mais ne le montre pas, Lui qui ferme les yeux pour mieux me voir, Lui qui nous rêve, lui qui nous croit, Lui...

*

Moi. Moi son mari. Moi "le pauvre Mr Slake". Non je ne me plaindrais pas. Il n'y a pas d'explications à donner. Pas de rumeurs à nourrire. J'ferme les volets trés tôt, je gare la voiture sous le préau, je ferme la porte derrière moi, et c'est ici qu'est ma vie. Dans cet appartement, à ses cotés, à Elle.
Qu'importe ce que pensent les gens. les gens vous savez, c'est comme les lois. On a pas l'droit de pas les respecter, mais des fois, on s'donnerais bien le droit d'les faire disparaitre. Les gens, depuis un an et demi, c'est quelqu'un d'autre. Depuis un an et demi, les gens, c'est plus des millions d'hommes et de femmes qui ont chacun leur vie, leur opinion, leur avis, leurs envies. Non, depuis un an, pour moi, pour nous, les gens, c'est juste un gen. Jean.
Les gens, c'est Jean. Jean qui veux tout savoir et qui ne connait rien. Jean qui se lève, prend le métro, boulot, pizza, dodo. Ca c'est tout Jean. Je me fous de ce que vous pourrez dire. Que je fais des préjugés, que je generalise? Oui je generalise et bon sang ce que c'est bon ! Jean qui me regarde bizarre, Jean qui parle poliement, Jean qui se force à sourire le soir, Jean qui veux plus d'argent. Les gens sont devenu une masse trop compact pour pouvoir se dissoudre, les gens sont devenus Jean.
"Pauvre Monsieur Slake" disent-ils tous.
Et moi je dis " pauvre monsieur Jean, pauvre monsieur Jean".
Ma vie n'est pas auprés d'un monde qui est trop pressé pour savoir que la fleur qui flétrit n'est pas encore fanée.
Moi, je resterais auprés de ma fleur, toujours, toujours, amour.
Non ne me parlez pas de demain, ni du mois d'aprés, ni de l'an prochain. Non n'en parlez pas s'il vous plait. Laissez couler la vie jusqu'a ce que la source s'épuise, laissez couler doucement ce qui jour aprés jour m'épuise.
J'ai déjà pensé à partir, la confier à quelqu'un d'autre, et tout ça. Mais juste penser. Jamais plus d'une seconde. Et ce n'est même pas, à votre grande deception, ce n'est même pas parce que je suis quelqu'un de bien en qui on peut avoir confiance. Non, c'est égoiste, trés égoiste. C'est juste que je ne peux pas. Je ne veux pas.
Combien de temps encore? Combien de matins vais-je me lever, et branchez les tuyaux qui la nourriront ? Combien de temps encore, allons-nous pouvoir continuer à parler ainsi. Un clignement de paupière pour "oui", et deux pour "non".
Parfois je me dis que tout de même, c'est beau. Le soleil qui se lève sur la nappe trop blanche, puis le même jour s'achève et je n'ai pas bougé, juste pour voir ce que ça fait. Parfois même je me dis que c'est étrange, tout ça. Dire qu'elle voit tout, comme moi, mais ne dit rien, ne réagit pas...
Le chat sur le coussin, ou bien le chocolat chaud dans le bol. Les tableaux que je peint, le soleil qui s'éteint, les rideaux poussièreux...

*

Le soleil qui s'éteint, les rideaux poussiéreux, la nappe trop blanche, et puis nos silences... Je vois bien tout ça, tout comme je le vois. Des fois je me dis que quand même, c'est beau, tout ça. Pas de quoi en faire un film, même pas une carte postale, mais pourtant... Tu sais des fois ma tête, c'est comme une récréation. Ca se met en pause quelques secondes, et c'est plein de couleurs et de cris d'enfants. Et là tu vois, je souris en dedans..
Tu sais des fois ma tête, c'est aussi une prison. Ca se met en pause pour quelques mois, c'est plein d'erreur et de silence pesant. Et là, tu vois, je m'oubli en dedans...


*


Bien. Il est clair que je ne peut inventer une fin à une histoire qui n'en a pas. Je ne veux rien produire d'extraordinaire. Je ne veux pas d'un joli début et d'un dénouement tragique et étrange. Pas cette fois. Juste reconstituer le puzzle en sachant qu'il manquera toujours trop de pièces. Juste laissez vos yeux se ballader dans les pensées de quelqu'un qui ne peux les exprimer. Juste comme ça. Juste pour rien. Même pas une histoire, pas de début, ni de fin. Juste ça, des mots, entendus dans la salle d'attente d'un medecin, juste tout, juste rien. Comme ça, pour vous, comme ça pour Jean, comme ça, pour rien.

# Posté le vendredi 03 décembre 2004 19:34